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Né à Limbé, dans le Nord d’Haïti, le producteur, réalisateur et monteur autodidacte Wegherley Joseph rêve de voir un film haïtien rivaliser sur les plateformes mondiales.
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À 32 ans, Wegherley Joseph porte sur ses épaules un rêve d’enfant : voir un jour un film haïtien rivaliser avec les productions hollywoodiennes sur les plateformes mondiales. Né à Limbé, dans le Nord d’Haïti, ce producteur, réalisateur et monteur autodidacte incarne une génération de créateurs qui refuse l’idée que le cinéma haïtien doive se contenter de seconds rôles.
Adolescent, Wegherley découvre « Un prince à New York » de John Landis. Il est frappé par la puissance de la narration, la musique, la manière dont chaque plan semble pensé pour transporter le spectateur. Très vite, il confronte cette expérience aux productions locales. « Certains films haïtiens étaient beaux, mais la réalisation n’atteignait pas le niveau international », confie-t-il. Loin de le décourager, ce constat allume en lui une flamme : contribuer à l’émergence d’un cinéma haïtien de standing mondial.
Un autodidacte passionné
Le chemin est rude. Issu d’une famille modeste, benjamin de cinq enfants, Wegherley perd son père alors qu’il est en classe de philosophie. Sa mère, commerçante, lui transmet le courage et la dignité. Mais c’est surtout par l’action qu’il forge sa destinée. Faute de formation académique en communication, il apprend sur le terrain. En 2019, il rejoint Ku Production à Port-au-Prince pour se former au montage. Très vite, il enchaîne les collaborations avec des organisations locales comme ODELPA (Organisation de lutte et de développement contre la pauvreté), RHJS (Réseau haïtien des journalistes de la santé) et FHAMEJJOUDH, réalisant clips, documentaires et capsules vidéo.
Son arme ? Une exigence technique forgée dans l’adversité. Faute de moyens, il apprend à maîtriser Adobe Premiere Pro, DaVinci Resolve, Blender et CapCut. Cependant, son ambition ne reste pas là. « Dès que j’aurai plus de ressources, j’investirai dans du matériel professionnel », promet-il.
L’art de la vidéographie
Pour Wegherley, être vidéaste n’est pas un métier technique : c’est un art. « Le vidéaste exprime à travers des images et des sons des émotions qu’il ne peut pas toujours expliquer avec des mots », dit-il. Il compare le montage à une « seconde vie », un espace où le créateur recrée sa propre réalité. Cette vision le distingue. Là où d’autres voient un outil, lui voit une signature.

Aujourd’hui, Wegherley concentre toutes ses forces sur un projet qui lui tient à cœur depuis le lycée : « Ne touche pas à ma petite sœur ». Un film romantique qui raconte comment l’amitié peut entraver l’amour, avant que ce dernier ne triomphe de la haine. Le scénario est finalisé. Restent les défis colossaux dont principalement l’insécurité qui restreint les lieux de tournage, le manque de sponsors et des difficultés à mobiliser des ressources humaines et financières. Mais Wegherley tient bon. Il sait que chaque grand film commence par un saut dans l’inconnu.
Il se fait même des projections. « Dans cinq ans, il se voit produire des séries, explorer d’autres genres de films comme les films d’action, et surtout continuer à hisser le cinéma haïtien vers de nouveaux sommets ». Pour Wegherley, il faut toujours s’accrocher à ses rêves malgré les intempéries. Sur ce, il conseille à ses pairs « Restez fidèles à vos rêves. Apprenez sans cesse. Ne craignez pas d’innover. Ici, le milieu n’est pas toujours valorisé, mais c’est à nous de faire la différence. »
About the author
Marie Juliane DAVID
Marie Juliane David is a multilingual journalist, poet and novelist, and the founder and Director of Publications of <em>CreARTivity Magazine</em>, which she launched in January 2026 and publishes daily in English, French, Spanish and Haitian. To learn more about her and her work, visit her <a href="https://mariejulianedavid.com/" target="_blank" rel="noopener">portfolio</a>.
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